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Éditions Multitudes - Distribution SODIS BP 148 75821 PARIS Cedex17 |
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| e-mail : multitudes@paris.com | ||||
| Sortie nationale du livre, en librairie : 15 mars 2001 Prix : 85 Francs - (13 euros). |
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Louise GAGGINI publie aux Éditions Multitudes, un roman intitulé " DERNIÈRE ANNÉE AVANT LE BAC " |
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| L'HISTOIRE Ils pourraient dire "j'ai pas peur de vivre !" S'il n'y avait pas les parents qui divorcent, les vieux qui les draguent, la pollution, les vaches folles et le sida. Heureusement il y a les copains avec lesquels ils partagent tout : amour, école, sexe, drogue, peur de vivre... Huit ados qui se connaissent depuis la maternelle. Cyniques, drôles, combatifs, émouvants, qui vivent encore leur vie comme jouent les enfants et qui, au cours de cette "dernière année avant le bac", vont subir des épreuves qui vont les faire brutalement grandir. Pourtant, de teufs, en provocs et de galères en fous rire, ni le viol de l'un deux, ni le suicide d'un autre, ne viendront entamer leur force de vie. Lorsque Jenny et Mathilde, inquiètes, demanderont encore : - Demain, comment ce sera vraiment ? - Demain ? Mais demain on va vivre ! répondra Marion qui est infectée vih. On sera des super nanas et des super mecs dans des super vies ! Alors, comme c'est Marion qui leur dit , ils se mettent à y croire. Carrément. |
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| L'AUTEUR Louise Gaggini De son enfance elle garde un sentiment d'incompréhension. D'un côté les adultes, de l'autre les enfants. Devenue journaliste elle s'intéresse aux problèmes de société et plus particulièrement à ceux de l'adolescence. Une adolescence qu'elle comprend, perçoit et défend avec une sensibilité rare et pour laquelle elle réalise des documents novateurs et originaux dans leur forme (école, toxicomanies, sida, environnement etc.) dont certains sont devenus des référants. Avec Dernière année avant le bac, elle nous entraîne dans le monde de la jeunesse tel qu'on ne nous le montre jamais. Ni conventions, ni stéréotypes. Un monde jubilatoire, éclatant, cynique et tendre, dans une langue d'aujourd'hui que n'auraient reniée, ni Audiard ni Queneau. Et on se dit que c'est vrai, c'était comme ça avant, quand on n'était pas... Vieux ? Adulte ? Responsable ? L'auteur signe-là un petit morceau de bonheur pour les ados sur qui rien n'a jamais été écrit de cette façon-là, mais aussi pour les parents qui vont découvrir leurs enfants comme ils ne les ont jamais imaginés. Un roman qui aborde les problèmes de la jeunesse d'aujourd'hui, suicide, inceste, violence, vaches folles, éducation, drogue, alcool et mal de vivre, mais avec une justesse de ton, une dynamique d'écriture et une impertinence, qui font que malgré la gravité des situations parfois, c'est toujours la vie qui l'emporte. A lire absolument si on est des parents, mais un roman destiné aussi aux éducateurs, aux professeurs de la santé ou de l'éducation, et aux ados évidemment qui seront, c'est sûr, heureux d'être si bien racontés. |
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| QUELQUES EXTRAITS CHAPITRE N°1 - La mère de Romain, elle cause grave, jette Marion tout en roulant une cigarette. Putain ce papier c'est chiant. Ben oui quoi, vous l'avez pas entendu ? À la télé ? Genre j'parle jeune et j'comprends les gays… ! - J'ai pas kiffé non plus, dit Léa. Les vieux quels bouffons quand ils parlent comme nous. - Moi je ne suis pas d'accord. Elle est plutôt cool pour une meuf ministre. Sébastien a lancé ça en finissant sa bière à même la canette. Les garçons boivent de la bière, les filles des cafés. Cafés noirs et sans sucre qui leur collent la nausée mais, identité trouvée sur fond musical et tube cathodique, le clonage est parfait pense Léa, et vraiment les pubs c'est trop con, ça nous inhibe les neurones. Quand elle sera au gouvernement un jour, elle interdira les pubs, tiens voilà, elle interdira les pubs et dépénalisera le hasch. Hilare soudain à l'idée d'un monde addict au shit elle regarde autour d'elle. Moches. Moches les gens appuyés au comptoir. Vieux. Tristes. Glauques. Elle leur filerait bien un joint histoire de les voir rire avec les éléphants roses. Elle sourit tout en jouant avec son téléphone portable. Cadeau, a dit son père avant de s'envoler vers les Bahamas. Dans l'aéroport elle l'a regardé partir, le bras autour de la nouvelle, et puis il a disparu au bout du satellite numéro trois. Alors elle a écrasé sa cigarette puis tout le paquet sous ses pieds, a bousculé exprès pour les faire tomber deux gamins qui piaillaient, s'est engouffrée dans la librairie, a pris des chips, un livre de Labro et des Tic-tac sous le nez de la vendeuse, est ressortie sans payer et a jeté le tout dans la première poubelle. Pourquoi Labro a demandé la bande un peu plus tard ? J'en sais rien a-t-elle répondu, parce qu'il était collé aux Toblerone…? " Léa vraiment t'es trop ! " Trop ? C'est ici que c'est trop. Trop gris. Trop rouge. Lèvres, cheveux, banquettes. Quelque chose entre Pulp Fiction et Blade Runner. Le plus grand président du monde peut se faire piéger pour une histoire de pipe mal faite genre je fais pas les slows, mais dans ce bistrot de la Bastille, à part les néons, y a rien qui leur déchire la tête ! Putain la condition humaine. Ce soir elle comprend Malraux ! Et Nietzsche aussi. Et Wagner ! Pas Le Pen quand même. Ni Mégret. Faut pas délirer elle s'appelle Rosenberg. Même pour faire hurler sa famille, c'est pas possible ! C'est inscrit au fond d'elle. Dans ses gènes. Ça elle sait, elle dépassera pas. La shoa elle connaît. Pas de morts chez elle, mais chez Jenny c'est gore. Normal qu'elle fasse des plaques rouges et se gratte comme une malade à chaque fois qu'elle est troublée. Eux, les Rosenberg, ils s'en sont mieux tirés. C'est quoi ce romantisme qui consiste à dire que tous les Juifs sont égaux ? Sa famille est allée aux USA pendant la guerre. Celle de Jenny dans les camps. Alors, difficile de faire avec les morts de Jenny, ses plaques rouges et ses yeux qui naviguent, gauche, droite, gauche, pas de l'oie à portée d'yeux… Quand elle sera ministre un jour, elle interdira les pubs et le devoir de mémoire. Parce que la mémoire vraiment, elle ne supporte plus. L'esclavage, les nazis, les morts pour ci ou ça, jamais un truc vraiment heureux. Une belle histoire sur quoi s'endormir en oubliant son doudou. Doit bien y avoir des gens normaux quelque part dans le monde ? Qui balancent pas de missiles. Qui violent pas les enfants. Qui disent des mots d'amour... Elle devrait passer une annonce dans Libé ou le Nouvel Obs style " cherche mec sympa pour faire vrais bébés d'amour pas clonés. " - Tout de même, elle est pas mal. Pour une fois qu'on en a une qui a l'air un peu sex. Cette fois c'est Florian. - Vous êtes bien des mecs, lance Léa de la voix d'hystérique qu'elle prend quand elle va être franchement méchante. Un cul, des seins, vous savez plus où vous habitez ! Alzheimer à fond. Remarquez c'est super comme ça quand je me présenterai vous voterez pour moi. Cette fois toute la bande a tourné les yeux vers elle. Plaques rouges sur le cou Jenny se gratte et se tortille sur la banquette, Marion fait du bruit, pas vraiment un bruit, des trucs à elle qu'elle fait avec la bouche quand elle croit que le monde va sauter, les marmottes disparaître ou que son père va se remarier. Florian a levé la main pour prendre la parole et puis… Mots. Bruits. Mouvements contenus. Sans partage avec les autres pour la première fois peut-être. Tétanisés à la pensée de la ligne de démarcation, l'échafaud pour le bordel ambiant que vient de leur rappeler Léa. - Vous vous rappelez les " space cake " demande Jenny ? La tribu se recompose. - Vous vous souvenez ? Ils se souviennent. Goûters d'anniversaire. Gâteaux farcis de shit. Se souviennent surtout de la première fois. Après, ils avaient mieux assuré. Mais la première fois… Jenny avait innové. Pour ses treize ans elle avait invité la bande au grand complet et en l'absence de ses parents avait préparé le gâteau qu'elle avait bourré d'herbe achetée à Saint-Paul. Ils avaient tous été malades. Surtout Mathilde qui avait passé son temps à vomir et à pleurer parce qu'elle voyait des yeux partout. Alors ils s'étaient mis à délirer " les yeux ? t'es dedans, tu bouges avec ? ". Ils avaient vraiment chaviré. Plus possible de repérer les murs qui s'échappaient. Florian avait vomi dans le frigo convaincu d'avoir ouvert la porte de la salle de bains et, assis par terre, la tête à l'intérieur, il couinait entre deux vomissements " pas pu aller au lavabo, pas pu aller… " Plus tard les parents de Jenny avaient téléphoné à chaque famille pour dire que les enfants étaient malades, qu'ils étaient désolés et que, sûrement, c'était la faute du gâteau. Ils s'écrasent un peu plus sur les banquettes du bistrot. Tant d'années déjà à traîner ensemble. - Putain cette lumière, elle crève les yeux, on bouge ? Léa a engagé le mouvement, mais les autres hésitent. - Si on se faisait un ciné ? Une cassette ? Tarentino ou Oliver Stone ? Ils sont d'accord pour Oliver Stone. Pas du ciné de victime ça. Du vrai, genre humanité absolue. CHAPITRE N°2 Place du Trocadéro. Appartement cossu. Dernier étage avec vue sur Paris et petit jardin extraordinaire. Cinquante-deux mètres carrés de terrasse avait annoncé l'agent immobilier. Celui-là d'appart, Léa l'avait grave kiffé. D'abord il y avait eu les larmes. Et puis la séparation entre son père et sa mère. Sans cris. Cool les parents. Tout avait été réglé rapide et sans graffitis. Sans autre drame apparent que cette absence soudaine, chaque soir, des épaules de son père s'encadrant dans la porte. Juste sa mère avait voulu trouver un autre endroit pour vivre. À cause des beaux souvenirs qui la feraient pleurer, avait-elle dit. Alors son père avait ajouté " Pas de problème avec l'argent. Je prends en charge. Du moment que la petite est bien. " Classe. Les yeux d'Évelyne s'étaient embués de reconnaissance. Putain avait pensé Léa, elle est quand même pas obligée d'en rajouter. Déjà qu'il nous largue pour une pétasse qui met des wonderbras, elle va pas en plus lui dire merci. Elle avait regardé sa mère avec l'envie de la secouer. La faire sortir de l'attitude polie et réservée qu'elle avait constamment. Absence d'émotion qui ravageait Léa. Mais ce jour-là en regardant sa mère, Léa avait remarqué les yeux presque mauves à force d'humidité. Larmes en place. Jamais déversées. Du coup, bêtement, elle s'était mise à pleurer. Puis s'était tirée pour ne pas avoir à donner d'explications. D'ailleurs, qu'est-ce qu'elle aurait pu dire ? T'as de beaux yeux tu sais, surtout quand tu les brûles au sodium vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Quelque temps après elles avaient trouvé l'appartement idéal. Ce matin-là pourtant, en voyant les caisses déjà emballées et les bouteilles de vin vides qui traînaient sur la table de la cuisine, elle avait eu un sale coup de blues. Au point de s'emporter contre sa mère et de hurler des horreurs genre qu'on peut pas dire à sa mère, comme " normal qu'il t'ait quittée, t'es grosse t'es moche et en plus maintenant tu picoles ! ". Mais elle avait aussitôt regretté, l'avait embrassée, avait dit que c'était pas vrai qu'elle était moche, c'était juste elle qui n'allait pas bien, mais pas bien du tout. Que d'ailleurs c'était pas grave de boire un peu de vin, surtout du bordeaux parce que c'était plein de tanin, que ça débouchait les artères et empêchait les infarctus. Gris. Pluie. Déprime avec son café ce matin-là en regardant l'absence de ciel, assise entre les caisses vides et l'odeur du vin qui bousillait celle du café. Heureusement Marion et Jenny la veille avaient glissé quelque chose dans sa poche en disant " tu verras c'est génial ". Du coup, à cause du blues, du gris et de l'absence de ciel elle avait avalé le petit comprimé avec son café. De la dynamite ce truc, et un peu plus tard quand l'agent immobilier avait dit, de la terrasse aux cinquante deux mètres carrés : " droit devant la tour Eiffel ", Léa avait kiffé, mais grave. À cause des amphets c'était sûr. De la terrasse elle voyait vraiment la tour Eiffel, longue, immense, mais écartelée, en déséquilibre sur trois jambes de toutes les couleurs, façon Delaunay ou Kandinsky. Elle savait plus. Un truc à faire flipper son père. Sa grande et belle Léa qui devait faire l'Ena se mélangeait les pinceaux, mais prendre son pied en se mélangeant les pinceaux c'était à hurler de rire, et elle, elle ne s'était pas gênée. Pour lui faire plaisir, le jour même sa mère avait signé les papiers avec l'agence de location, et depuis six mois elles habitaient place du Trocadéro. Mais dans le super appart avec vue sur tour Eiffel et petit jardin extraordinaire, les bouteilles de bordeaux s'étaient entassées dans la cuisine. Chaque soir après le dîner sa mère prenait une bouteille, s'enfermait dans sa chambre, en ressortait régulièrement dans la soirée pour en prendre une autre, et s'enfermait de nouveau. Léa supportait mal de voir sa mère, le matin, les yeux gonflés comme avec une allergie aux fraises. Alors elle faisait semblant de ne pas voir. Demandait comment elle avait dormi, parlait du lycée, de la bande. Surtout ne la regardait pas. DEBUT DU CHAPITRE N°3 Place du Trocadéro, Léa n'arrive plus à avancer pour aller jusqu'à son immeuble, ça klaxonne de tous les côtés. Hors passage protégé elle slalome entre les voitures avec un grand sourire et son sac bien calé sur son ventre. Un vieux en BMW décapotable baisse sa vitre - Je vous dépose quelque part ? - À part le cimetière j'vois vraiment pas où vous pouvez aller ! " Salope " il a crié en refermant sa vitre. Avec la pluie et son sac à tenir, elle n'a même pas pu lui faire un doigt d'honneur. Ça lui reste sur l'estomac. Avec l'odeur d'essence et celle des cacas de chien que la pluie fait remonter. Le pire c'est l'essence. Y en a tellement dans l'air que c'est plus de l'oxygène qu'elle respire, mais du pétrole brut. Elle voit bien comment les pluies acides vont faire des trous partout. Elle s'imagine chauve et sans yeux. Bouffée par les goudrons. Y a pas moyen ! Elle sort son portable. - Pauline, tu sais pas ce qui vient de m'arriver ? Y a un sale con genre la quarantaine marié trois enfants qui vient de me traiter de salope parce que j'ai pas voulu monter dans sa voiture et en plus il pleut et ça pue et… - Mais t'es où là ? - Ben, sur la place… - T'es sur la place, sous la pluie, au milieu des voitures, avec ton portable ? Ça hurle pas de tous les côtés ? Si. Mais je les emmerde ! Je suis vénère. Les vieux, ils croient tous qu'on va baiser avec eux sous prétexte qu'ils ont du fric ou qu'ils ont fait mai 68. Un jour je referai les lois pour la protection des mineures. Je suis sûre que la majorité à dix-huit, c'était juste pour pas être poursuivi. Bon. Faut que je rentre. Tant qu'à me griller les poumons avec leur napalm de merde autant que je m'en fasse un bien tassé…. LA SUITE CHEZ VOTRE LIBRAIRE HABITUEL DERNIERE ANNÉE AVANT LE BAC EDITIONS MULTITUDES DISTRIBUTION SODIS 85 F - (13 Euros) |
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| Service de presse : C.M.P. Communication - Claire Mugnier-Pollet - Anne Chavigny 34 rue Singer - 75016 Paris. Téléphone : 01 45 27 87 93 - Fax 01 45 27 31 65 Renseignements, et ektas, auprès du service de presse. |
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